CLEMI

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- Numéro 1 -

 

Bienvenue dans la nouvelle chronique des médias scolaires. Chaque mois, nous vous enverrons une sélection d’articles, vidéos et sujets radio parus dans  les établissements de toute la France.

Au programme, notre coup de cœur du mois, qui mettra en avant une production qui nous a particulièrement plu. Ensuite, focus sur un média en particulier à travers une interview au long cours, qui permettra de mieux en comprendre les rouages. Enfin, la sélection du CLEMI dressera un panorama de ce qui a retenu notre attention dans les semaines précédentes.

Qu’est-ce qui fait battre le cœur des élèves en ce moment? Au sein des établissements, l’interdiction du portable à l’école a clairement mobilisé les journalistes en herbe. Les lycéennes s’emparent sans sourciller du sujet des règles et en font tomber les tabous, tandis que les gamers ne se lassent pas de parler de leur amour pour le jeu Fortnite. Mais l’actualité s’est aussi largement invitée dans les pages et les débats des élèves, avec les gilets jaunes et les marches pour le climat.

 

LE SUJET COUP DE CŒUR

Les touchants portraits de seniors du Paradarius

Les élèves de la filière paramédicale du lycée Darius Milhaud au Kremlin-Bicêtre sont allés à la rencontre des résidents d’un EHPAD. Ils en tirent de touchants portraits et moments de discussions, disséminés au fil des derniers articles du blog. «Pour nous une personne de 105 ans ne pouvait pas être en aussi bonne forme et pimpante!»s’étonnent des biographes en herbe. L’histoire de Monsieur P, né au Vietnam en 1942, «nous a touchées et fascinées»écrivent  Laetitia, Aminata, Fatou et Aimée. Madame M., 79 ans, a raconté que son père «l’autorisait à sortir le dimanche après-midi avec ses copines pour aller voir des films romantiques de Jean Gabin et Alain Delon». Dans une note intitulée «Le maquillage d’hier et d’aujourd’hui», les rédactrices ont parlé de coquetterie, un de leur sujet préféré. «Mme D-J. ne voulait pas dire son âge! Elle a commencé à se maquiller à l’âge de 18 ans mais aujourd’hui elle ne se maquille que lorsque sa fille lui rend visite.»

Tous les articles à retrouver sur le blog

 

ZOOM SUR UN MÉDIA SCOLAIRE

Le Marcassin, du papier au web, récit d’une bascule

Le journal Le Marcassin du lycée René Cassin à Bayonne a décidé de basculer sur un blog. Entretien avec l’un des professeurs chargés du projet, Cyril Garnaud.

 

Comment est né le Marcassin? 

Il y a deux ans, nous avons eu l’idée de créer un journal pour les 2ndes dans le cadre des «enseignements d’exploration». Ce qui est amusant, c’est qu’en cherchant un titre, nous sommes retombés sans le savoir sur le même titre que le journal du lycée qui existait il y a trente ans! Là, nous avons mis en place une structure avec une régularité, que nous avons déterminée tous ensemble pendant les premières séances. Voilà comment nous fonctionnons: nous faisons une conférence de rédaction, ensuite il y a enquête, recherches, rédaction et réécriture. A la fin, nous amendons encore les textes. C’est vrai qu’avec les autres profs nous aidons pas mal les élèves, c’est co-rédigé. Le proviseur a un droit de regard sur la version finale, il ne nous a jamais censurés mais il a parfois rattrapé des coquilles. L’an dernier, le journal tirait entre 200 et 250 exemplaires (vendus 30 centimes d’euro), avec des abonnés à moitié adultes et à moitié élèves. Pendant la dernière présidentielle, il y a eu un dossier sur ce que voteraient les élèves qui a été repris par la locale de Sud Ouest. Nous avons été récompensés par le prix Médiatiks académique. Pour avoir aussi des jugements critiques et des éclairages sur le métier de journaliste, nous avons aussi eu le directeur de l’antenne locale de Sud Ouest qui est venu discuter avec les élèves, et Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontières, en visioconférence.

Pourquoi avoir décidé de basculer sur un blog? 

Nous mettons en page avec Word, et c’est vrai que ça prend beaucoup de temps aux encadrants. Quand on sait qu’on doit remplir deux A3 tous les mois, on a la pression. Il fallait avoir un certain nombre d’articles, et il fallait prévoir les articles un mois à l’avance. Ça reste assez lourd. Un blog, c’est moins long à mettre en page, plus simple, plus réactif. Je suis personnellement assez nostalgique du papier comme support, mais le blog offre une souplesse qui l’a emporté.  

 

Comment avez-vous fait connaître le site au sein de l’établissement? 

Il y a l’adresse affichée dans le lycée, et régulièrement on donne les titres des derniers articles publiés en parodiant titres de la presse à scandale, pour attiser la curiosité. C’est sûr qu’on ne voit plus les élèves lire le journal à la cafétéria, c’est moins un support de discussion dans les couloirs. Mais le blog a aussi l’avantage de la gratuité et la possibilité de mettre des commentaires. 

 

Quel outil technique avez-vous choisi? 

Quand nous avons présenté le projet de bascule sur un blog aux élèves, nous avons été assez surpris, des élèves ont dit «c’est quoi un blog»? Ils n’ont pas forcément ce réflexe. Pour le blog, on utilise l’outil qui a été mis en place par l’Académie de Bordeaux. Ce n’est pas forcément le plus pratique pour un journal, mais nous avons quand même pu installer un compteur de visites à la Toussaint, et là nous avons dépassé les 2000 connexions. 

 

Quel avenir pour le Marcassin? 

L’an prochain, il n’y aura plus l’enseignement d’exploration, donc il faudra se demander comment faire perdurer le projet. Certains élèves continuent à écrire pour le journal après la seconde, ils sont très nostalgiques. 

 

LA SÉLECTION DU CLEMI

Gilets jaunes

Le Curial Multicolore n°74 des écoles les élémentaires Colette Magny A et B consacre un dossier complet au mouvement des gilets jaunes, en rappelant qu’on en met aussi quand on est en sortie avec l’école, ou quand on fait du vélo la nuit!. «Parmi nous, certains sont pour, d’autres sont contre», écrivent les jeunes journalistes, qui font le tour de la question avec leurs mots à eux. Ils se penchent consciencieusement sur ce que signifie l'expression «on veut vivre, pas survivre», tandis que Maholi s’interroge sur le prix des choses. «Les gilets jaunes nous disent que tout est trop cher pour beaucoup de monde, tout ce dont on ne peut pas se passer: les courses, le loyer des maisons, les téléphones… et qu’en plus, il faut payer des impôts. On les comprend mais il reste des choses qui sont gratuites et qui font du bien: se balader, profiter du soleil, avoir des amis…»

La webradio du Legta d'Auch Beaulieu-Lavacant (32), grand prix Médiatiks 2018, est allée à la rencontre des gilets jaunes, et les lycéens qui les ont rejoints. Ecoutez leur reportage ici.

 

Baleine et Momo, attention

Les élèves du collège Pierre Valdo de Vaulx-en-Velin consacrent un dossier spécial aux différents “challenges” apparus sur les réseaux sociaux ces derniers mois. «Soyez malins, ne vous laissez pas manipuler, et allez chercher l'aide d'un adulte s'il le faut !»conclut ce panorama très complet

Entraînement “Alerte intrusion”

«Tout  à coup, l’alarme a sonné en disant "Alerte, intrusion!"». Les élèves de l’école Claude Bernard dans le 19è arrondissement de Paris se souviendront du 22 novembre 2018. Dans leur journal, le 118 info, ils racontent comment la fausse alerte intrusion les a surpris, mais disent comprendre qu’il n’aient pas été prévenus avant. «On ne nous a pas prévenus parce que si un intrus rentrait pour de vrai, on ne serait pas prévenu non plus.»

Climatophotographique

Au lycée Fustel de Coulanges de Massy (Académie de Versailles), les reporters en herbe de L’aléatoire misent sur le visuel avec le Top 10 des meilleurs slogans aperçus à la marche du climat du mois de septembre. 

 

Mobile banni

Dans Waouh, le journal des élèves du collège André Malraux de Paron (Académie de Dijon), l’événement c’est l’interdiction du téléphone portable dans l’établissement. Sans surprise, peu d’élèves approuvent cette mesure dans le sondage… Mais la majorité des interrogés de tous les niveaux déclarent qu’ils se parlent plus entre eux. 

Le dessin du mois

Dans le Hashtag, gazette du lycée catholique Montplaisir de Valence (Académie de Grenoble), Juliette Chieux commente avec un joli coup de crayon le récit d’une jeune fille sur Twitter, placée en garde à vue après avoir oublié de scanner des couvercles chez IKEA.

 

Chronique rédigée par Sophie Gindensperger

Le 17 janvier 2019

 

 

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