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Journalistes et carte de presse

  • Fiche info, parue dans le dossier de la Semaine de la presse 2014
Véritable signe d’appartenance à la profession, l’obtention d’une carte de presse est le passage obligé pour tout journaliste. C’est pourquoi obtenir sa carte est l’une des premières préoccupations du jeune journaliste. Dans les autres pays européens, la carte de presse existe, mais elle est distribuée par les employeurs ou syndicats de journalistes. La France est une exception, car c’est une « Commission de la carte d’identité des journalistes » qui distribue le sésame au nom de l’État.

Comment obtient-on sa carte de presse ?

Le journaliste, qu’il travaille en France ou à l’étranger, doit remplir trois conditions :
– exercer l’activité de journaliste de façon principale et régulière (depuis au moins 3 mois lors de la première demande), à plein temps ou à mi-temps ;
– plus de 50 % des ressources du demandeur, que le journaliste soit salarié, mensualisé ou rémunéré à la pige, doit provenir de cette activité ;
– être employé prioritairement par une entreprise qui produit de l’information (entreprise de presse écrite, sur internet, audiovisuelle ou une agence de presse agréée).

Ceux qui l’ont… et les autres

Sont assimilés aux journalistes professionnels les collaborateurs directs de la rédaction : rédacteurs-traducteurs, secrétaires de rédaction, reporters-rédacteurs, reporters-dessinateurs, reporters-photographes.
Ils peuvent donc disposer d’une carte de presse. Parce qu’il s’agit d’activité de communication et non d’information, les fonctions de chargé de relations publiques et d’attaché de presse ne sont pas compatibles avec le statut de journaliste professionnel. Le statut de fonctionnaire ou d’agent public contractuel (qui travaillerait par exemple dans le journal d’une collectivité) justifie que ces personnes ne peuvent obtenir la carte de presse. Pourquoi cela ? Tout simplement parce qu’un fonctionnaire ou un agent public contractuel ne peuvent invoquer la clause de conscience.

Le saviez-vous ?

La collaboration à un journal gratuit est-elle reconnue comme activité journalistique ouvrant droit à la carte ?

Les tribunaux, saisis de cette question, ont rendu des jugements contradictoires. En conséquence,  la Commission examine les demandes au cas par cas, et prend en compte, notamment, la proportion de rédactionnel et de publicité dans l’ensemble de la publication pour arrêter sa décision.

Qu’en est-il du journalisme en ligne ?

Pour obtenir la carte de presse, le demandeur doit remplir les mêmes conditions que ses confrères de la « presse classique ». Des copies d’écran en nombre significatif ainsi que l’adresse électronique de la publication en ligne devront être fournies.

Pourquoi, dans la même publication, certains journalistes détiennent-ils la carte quand d’autres, qui exercent les mêmes fonctions, ne peuvent l’obtenir ?

Parce que la carte est accordée à une personne et non à une entreprise, la nature de celle-ci n’étant que l’un des critères d’attribution. Un journaliste titulaire de la carte depuis au moins deux ans et qui, ensuite, exerce sa fonction dans un journal d’entreprise,  une société de production, ou un journal directement édité par une collectivité locale (sauf pour les agents de la fonction publique) , peut voir sa carte renouvelée pendant une durée provisoire, actuellement fixée à deux ans (article 25 du règlement intérieur de la Commission). En revanche, une personne qui débute dans l’une de ces structures ne pourra obtenir sa carte.

À la fois directeur de la publication et rédacteur en chef (ou toute autre fonction journalistique), peut-on obtenir la carte ?

En l’état actuel de la jurisprudence de la Commission, la réponse est négative, les fonctions directoriales étant par nature prédominantes.

 

Quelques statistiques

Le nombre de cartes accordées en 2012 stagne : 37 477 cartes ont été attribuées en 2012 (dont 35 424 au titre du renouvellement). La moyenne d’âge des journalistes qui ont obtenu la carte pour la première fois s’élève à 30,2 ans.
En 2012, on compte 45,7 % de femmes journalistes encartées (39,9 % en 2000) pour 54,3 % d’hommes. Les femmes sont en nette progression parmi les premières demandes de cartes, en 2012, elles sont 56,2 % contre 43,8 % d’hommes.
Si, en 2012, la parité est acquise sur la fonction de reporter rédacteur (50 % de femmes, 50 % d’hommes), ce n’est pas le cas, loin s’en faut, pour les fonctions de direction (un tiers de femmes en moyenne). On constate cependant des différences d’un secteur à l’autre : la proportion de femmes rédactrices en chef est de 36,8 % en presse écrite, 23,5 % en télévision et 23 % en radio.
La presse écrite constitue toujours le premier secteur d’activité des journalistes avec 66 % des demandes de cartes mais leur nombre diminue d’année en année. Le secteur de la télévision, quant à lui, passe de 13,9 % en 2011 à 14,8 % en 2012, le nombre de journalistes s’élève à 5 532. En radio, le pourcentage de journalistes encartés s’élève à 9,5 % de journalistes (3 563 journalistes). En production et agences de presse audiovisuelles, ils sont 948 journalistes en 2012.
La moyenne d’âge des journalistes encartés ne cesse de progresser : en 2012, elle s’élève à 42,9 ans ce qui traduit une arrivée plus tardive des journalistes sur le marché du travail. C’est en presse écrite que la moyenne d’âge est la plus élevée, et en production et agences de presse audiovisuelles qu’elle est la plus basse.

 

Sources

Observatoire des métiers de la presse
www.metiers-presse.org
Commission de la carte d’identité des journalistes
www.ccijp.net