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Le CSA et la langue française

  • Fiche info, parue dans le dossier de la Semaine de la presse 2014
Quelle est la mission du Conseil supérieur de l’audiovisuel en matière de langue française ? Comment peut-il intervenir pour défendre la langue française, pour participer à son enrichissement et à son illustration ? Quelles lois sous-tendent les conventions ou cahiers des charges passés entre les différentes chaînes de radio et de télévision ?

Des ressources

  • La Lettre du CSA comporte chaque mois une page « langue française » signalant les incorrections fréquemment signalées dans les médias. www.csa.fr
  • FranceTerme : tous les termes français recommandés à la place des mots anglais des langues spécialisées. www.culture.fr/franceterme
  • Le site de l’Académie française, et ses deux rubriques : « Dire, ne pas dire » et « Questions de langue ».
    www.academie-francaise.fr

Une mission encadrée par des lois

La loi du 4 août 1994 (dite « loi Toubon »), relative à l’emploi de la langue française, est la traduction complète du principe constitutionnel selon lequel « le français est la langue de la République ». Introduit par l’article 12 de la loi du 4 août 1994, l’article 20-1 de la loi du 30 septembre 1986 affirme l’emploi nécessaire de la langue française sur l’antenne de l’ensemble des services de télévision et de radio, tant dans leurs programmes qu’au sein des écrans publicitaires. Cet article pose le principe selon lequel « l’emploi du français est obligatoire dans l’ensemble des émissions et des messages publicitaires des organismes et services de radio ou de télévision, quel que soit leur mode de diffusion ou de distribution ».
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel rappelle par ailleurs que les dispositions de la loi du 4 août 1994, relative à l’emploi de la langue française, ne s’opposent pas à l’usage, par voie audiovisuelle, des langues régionales de France (métropole et outre-mer). L’utilisation des langues étrangères n’est pas bannie, sous réserve qu’il soit recouru à une traduction en français, « aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langue étrangère ».

La défense de la langue française

Au sein du CSA, le rôle premier de la mission « Langue française et francophonie » est de vérifier que les conventions ou les cahiers des charges passés entre le CSA et les chaînes de radio ou de télévision soient appliqués correctement.
Cette mission doit par ailleurs apporter des réponses aux courriers et aux courriels des téléspectateurs et des auditeurs. La plupart des remarques portent généralement sur :
– les barbarismes, pléonasmes, solécismes et incorrections du français d’usage, véhiculés par les médias audiovisuels ;
– l’invasion des anglicismes qui pourraient être remplacés par un terme français déjà existant (pour la langue courante) ou par un terme français recommandé par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (pour les langues de spécialités) ;

– l’usage d’un niveau de langue – familier, populaire ou argotique, ou péjoratif – entendu dans certaines émissions à une heure de grande écoute.

Prolongement pédagogique

Il serait intéressant que les enseignants puissent sensibiliser leurs élèves à la correction de la langue française en les rendant acteurs. Ils deviendraient des « enquêteurs de la langue française » en écoutant une émission en direct et en relevant les incorrections qu’ils reconnaissent.

 

Quelques exemples d’incorrections

La faute d’accord qui consiste à considérer le substantif "personne" comme un nom masculin :
« Des personnes en situation difficile qui pour la plupart d’entre eux… Ces personnes aimeraient que le regard sur eux change. »
La confusion entre la préposition « près » et l’adjectif « prêt ». Lorsque la locution prépositive "près de" indique la proximité dans le temps et devient synonyme de « sur le point de », elle est souvent confondue avec la locution adjectivale "prêt à" qui signifie « disposé à, ayant l’intention de ».
Le genre de solde. Le mot n’est féminin que lorsqu’il désigne la rémunération versée aux militaires et dans l’expression « être à la solde de quelqu’un ». Employé au sens de « ce qui reste à payer d’une somme due »et de « vente de marchandises au rabais », il est masculin : « les soldes de janvier (ou de juillet) sont intéressants ».

À propos de confusion masculin/féminin, relevons les erreurs les plus courantes concernant les mots armistice (un armistice), autoroute (une autoroute), échappatoire (une échappatoire tout comme une écritoire), équinoxe (un équinoxe), hémisphère (un hémisphère) et oasis (une oasis).
Source : La Lettre du CSA