CLEMI

Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information

Retrouvez nous sur :
  • Imprimer

Les data et les Français : une relation passionnée ?

  • Fiche info, parue dans le dossier de la Semaine de la presse 2015
Les Français des râleurs ? Souvent ! Même à propos de l'utilisation de leurs données et de ce qui pourrait en être fait. Malgré tout, l'évolution du comportement de nos compatriotes est encourageante. Après des réactions d'inquiétude à l'égard de la data, les comportements des Français évoluent, selon les résultats de la dernière étude d'Havas Media Group qui dresse un premier état des lieux sur leurs rapports à la data (Interviews en ligne auprès d'un échantillon de 1 000 internautes français âgés de 15-64 ans, représentatifs de la population française, menées du 5 août au 20 août 2014 par l'institut Toluna) .

Typologie

Niveaux scolaires

Thème

DES FRANÇAIS INQUIETS

Parmi les principaux enseignements, l'étude confirme tout d'abord que la captation des données est un phénomène de société avec 93 % des internautes de 15-64 ans qui sont conscients de la captation de leurs données personnelles, et 84 % qui se déclarent inquiets de l'usage qui peut en être fait. Ensuite, que ce phénomène engendre de profondes craintes, avec 74 % des internautes inquiets de l'usage frauduleux qui pourrait être fait de leurs données, 53 % soucieux que leur intimité puisse être révélée, et 47 % qu'elles puissent être utilisées dans un cadre de surveillance et de sécurité, hors de tout contrôle et de toute transparence. Avec comme conséquence une mise en place de mesures de protection, de la simple création de pseudonymes sur la toile (45 %) à la mise en place d'outils et de protocoles spécifiques pour limiter la récupération de leurs données (29 %).

Et pourtant, pour 46 % des Français, la captation de leurs data peut être une source d'opportunités, en bénéficiant notamment d'offres personnalisées. Mieux: une majorité d'internautes seraient prêts à accepter le suivi de leurs données digitales en toute transparence moyennant des contreparties : 45,2 % sont ouverts à une contrepartie financière et 41,6 % à des contreparties non financières.

CINQ PROFILS

Data Natives (24 %). Une population jeune (15-24 ans), consciente du phénomène mais pas très inquiète et qui par conséquent, n'a pas une ligne de conduite très arrêtée. Une population pour qui cette captation s'inscrit vraisemblablement dans la logique des nouvelles technologies. Ils ne sont pas persuadés de l'opportunité et des bénéfices qu'ils peuvent tirer de la captation de leurs données et ne sont pas favorables à une réglementation. Leurs mesures de protection s'inscrivent dans la moyenne de la population étudiée.

Data Stratèges (9 %). Une population mature (35-49 ans), très consciente du phénomène de captation, inquiète mais pas angoissée (les inquiétudes les plus marquées : intimité, données médicales, historique complet). Un segment qui voit des avantages à la captation de ses données. Ce sont des experts qui sont au fait des techniques pour déjouer ou limiter la captation et mettent en place protocoles, limitation des infos, validation de la sécurité des sites, mise en ligne de fausses infos, effacement des données, règles de sécurité sur les réseaux sociaux. Ils sont ouverts indifféremment à tout type de contreparties : transparence, absence de publicité, échange de données contre des services, mais ils ne sont pas les plus « gourmands ». Une population qui maîtrise le sujet et peut se permettre de tirer profit du système.

Data Fatalistes (27 %). Ils sont plutôt jeunes, conscients du phénomène, inquiets (des craintes plus marquées pour leur intimité et les problèmes de surveillance), mais peu favorables à un cadre réglementaire. Ils ne connaissent pas toutes les ficelles pour déjouer la captation et ne prennent que rarement des mesures pour se protéger, souvent par négligence (ils n'y pensent pas). Ils sont proportionnellement les plus nombreux à utiliser des pseudos. Ils ne sont pas intéressés par des contreparties non financières, un peu plus par des contreparties financières. La data est une réalité de leur quotidien qu'ils acceptent.

Data Parano (36 %). C'est le groupe le plus âgé (plus de 35 ans), conscients du phénomène de captation, ce sont les plus inquiets. Ils ne perçoivent aucun avantage à la captation de leurs données et sont les plus enclins à plébisciter une réglementation. Leurs craintes sont nombreuses: fraude, surveillance, diffusion de leurs données médicales, géolocalisation ; et ils s'estiment néophytes. Pourtant, ils limitent leurs infos, s'assurent de la sécurité des sites, favorisent plutôt les sites de marques connues. Ils sont les plus nombreux à penser qu'il n'est pas envisageable de transmettre leurs données et sont plus favorables à des contreparties « éthiques »: transparence, absence de publicité.

Data Détendus (4 %). Une population de 25-49 ans, peu conscients du phénomène et peu inquiets. Un segment qui pense pouvoir tirer bénéfice de la captation de ses données. Ce sont les moins enclins à réclamer une réglementation. Ils sont assez passifs dans la protection de leurs données : ils prennent peu de mesures pour se protéger. Aussi, ils sont plutôt prêts à transmettre leurs données (sauf leur correspondance et leurs mails) et sont les plus favorables à des contreparties financières (ce sont ceux qui valorisent le plus leurs données). Une population peu inquiète, pragmatique et opportuniste.

Isabelle Musnik, fondatrice d'INfluencia

INfluencia (www.influencia.net) était une newsletter quotidienne et une revue papier et digitale trimestrielle fondée par Isabelle Musnik en 2004. Vigie sur l'innovation, les tendances, la communication et les médias. Le site est fermé désormais.