CLEMI

Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information

Retrouvez nous sur :
  • Imprimer

Les jeunes et les médias 2016

  • Fiche info, parue dans le dossier de la Semaine de la presse 2016
Quelles sont les relations des jeunes aux médias aujourd'hui ? Quelques enquêtes récentes nous permettent d'en cerner les contours et de se défaire de quelques idées reçues...

Des jeunes marqués par l'omniprésence d'Internet...

Quand 83 % des Français de 12 ans et plus sont internautes, la proportion atteint 100 % pour les 12-17 ans. Comme pour l'ensemble des catégories d'âge, les usages des jeunes sont majoritairement tournés vers la communication. Ils privilégient les services les plus récents, ce qui explique l'intérêt moins marqué pour les « vieux » SMS (33,7 % de SMS en moins entre 2012 et 2014 !) au profit des messageries instantanées (Facebook Messenger, Skype, Snapchat, WhatsApp, et des applications de type Hangouts) (La Diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française, CREDOC, 2014.)

Les enfants de 1 à 6 ans passent de plus en plus de temps sur la Toile : 3 h 40 par semaine (Junior Connect' 2015 : la conquête de l'engagement, Ipsos, avril 2015). L'utilisation d'Internet dépasse le seul aspect ludique du web. Ainsi, 95 % des enfants de 11 à 17 ans ont déclaré en janvier 2013 utiliser Inter­net pour faire du travail scolaire, dont 56 % régu­lièrement. Cette utilisation d'Internet apparaît en deuxième position, après la recherche d'informa­tions (98 % des jeunes interrogés, dont 65 % régu­lièrement) et devant la consultation de vidéos en ligne (91 %, dont 64 % régulièrement), l'écoute de musique en ligne (85 %, dont 55 % régulière­ment), la consultation de mails (78 %, dont 51 % régulièrement) et les jeux en ligne (74 %, dont 46 % régulièrement, Perception croisée enfants/ parents face à l'usage d'Internet, ifop, janvier 2013.)

... Et adeptes du nomadisme et des réseaux sociaux et des images

Les jeunes sont des utilisateurs actifs de la connexion nomade. 68 % des 12-17 ans se sont connectés à Internet sur un téléphone mobile en juin 2014, contre 43 % de l'ensemble de la popu­lation. 99 % de ces adolescents envoient des SMS, 78 % naviguent sur le web et 66 % téléchargent des applications (La Diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française, CREDOC, 2014).

Ils participent massivement à des réseaux sociaux. Les réseaux dédiés au partage d'images (photo­graphies et/ou vidéos) gagnent du terrain. Ainsi, 14 % des 13-19 ans sont inscrits sur Instagram en 2015, contre 7 % en 2014. Même si la présence des jeunes y est moindre que sur Facebook (78 %) ou sur Twitter (25 %), c'est sur Instagram qu'elle progresse le plus. Par ailleurs, 23 % des 13-19 ans utilisent fréquemment l'application Snapchat (Junior Connect' 2015 : la conquête de l'engagement, Ipsos, avril 2015).

Les moins de 25 ans sont 83 % à partager photos et vidéos. Ils publient d'abord des photos d'eux- mêmes (43 % contre 19 % des internautes), de leurs amis ou de leur famille (39 % contre 24 %). Ils seraient 44 % à avoir plutôt confiance dans le fait de poster des photos ou des vidéos sur les réseaux sociaux, contre 31% des internautes (Observatoire de la confiance (juin 2014) : Les internautes français et les photos numériques. TNS Sofres). Autre signal de l'intérêt croissant des jeunes pour les images, leur consommation de vidéos en ligne est massive. 82 % des enfants de 7 à 12 ans et 94 % des adolescents de 13 à 19 ans regardent des vidéos sur Internet (Junior Connect' 2015 : la conquête de l'engagement, Ipsos, avril 2015).

Plus on est un jeune internaute, plus on contri­bue activement au net. Ainsi, 40 % des adoles­cents sont autant lecteurs que contributeurs sur les réseaux sociaux, les chats et les blogs (contre 19 % de l'ensemble des 12 ans et plus, La Diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française, CREDOC, 2014).

Les jeunes, adeptes des écrans

« Les enfants passent trop de temps devant leurs écrans », entend-on souvent. Ceux des jeux vidéo bien sûr : 77,4 % des 6-9 ans pratiquent les jeux vidéo et 89,1 % des 10-14 ans. 45,5 % d'entre eux y jouent quotidiennement (49,8 % des joueurs adultes) et 47,1 % de manière hebdomadaire, leur session de jeu durant en moyenne 1 h 35 (2 h 25 pour les joueurs adultes Les pratiques de consommation de jeux vidéo des Français, CNC - TNS Sofres, 2014).

En 2014, les 4-14 ans ont été des téléspectateurs bien moins assidus que l'ensemble des 4 ans et plus, puisque les jeunes ont passé 13 h 45 par semaine devant un poste contre près de 25 h 45 pour l'ensemble de la population étudiée (Médiamat Annuel 2014, Médiamétrie, janvier 2015).

Les 12-17 ans regardent la télévision en direct (98 % d'entre eux) mais aussi en différé (57 % d'entre eux) sur un poste de télévision. Ils sont friands d'autres supports pour regarder les pro­grammes télévisés : l'ordinateur (29 % d'entre eux l'utilisent pour les regarder en direct, 44 % en dif­féré), le mobile (17 % en direct, 22 % en différé) ou la tablette tactile (17 % en direct, 23 % en dif­féré). Cette pratique les démarque nettement de l'ensemble de la population dont seulement 10 % usent du mobile pour regarder la télévision en direct (7 % pour le différé) et à peine 9 % usent de la tablette à cet effet (La Diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française, CREDOC, 2014).

Des pratiques plus traditionnelles perdurent puisque la fin de journée des 12-17 ans (l'access prime time de 18 h à 20 h) est consacrée à la télévision, moment où la famille se retrouve et où les jeunes pratiquent moins les autres médias. La tendance se confirme pendant le prime time de 20 h 30 à 22 h 30, mais s'y esquisse un nouveau rapport à la télévision : pendant qu'ils la regardent, 47 % des 13-19 ans et 24 % des 7-12 ans surfent sur Internet (Print, tablettes, autres écrans, étude Junior Connect' d'Ipsos, mars 2014). Promoteurs d'une « télévision sociale » : 76 % des 15-17 ans déclarent s'exprimer sur Internet à propos de programmes télévisés, contre 59 % des 18-24 ans (8).

...Ne délaissent pas radio et presse écrite

Les jeunes sont aussi des auditeurs de radio. 78 % des 13-24 ans l'écoutent au moins une fois par jour, même si leur temps d'écoute est en moyenne moins élevé que celui de la population générale (les 13-19 ans la suivent 1 h 44 par jour). Les supports numériques de réception gagnent du terrain, téléphone mobile en tête (18,4 % des 13-19 ans utilisent chaque jour leur téléphone mobile pour écouter la radio). La radio mobilise beaucoup de jeunes auditeurs le soir (21 % des 13-24 ans entre 20 h 00 et minuit) du fait de leur appétence pour les émissions de libre antenne et de divertissement. La musique reste toutefois la motivation d'écoute pour 78 % des jeunes. De fait les radios musicales ont leur préférence : 67,6 % des 13-19 ans les écoutent chaque jour (« Le souffle numérique renforce l'attrait des jeunes de 13 à 24 ans pour la radio », Pellerin, Marc, Audience Le Mag, Médiamétrie, mai 2014). En juin 2014, 91 % des 12-17 ans ont téléchargé de la musique ou en ont écouté en streaming sur Internet (La Diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française, CREDOC, 2014.)
La lecture de la presse quotidienne payante décroît inexorablement (6 % seulement des 15-19 ans la lisaient quotidiennement en 2008, et 49 % jamais (Chiffres clés 2013, Ministère de la Culture (DEPS).)
Qu'en est-il de la presse jeunesse ? Alors que 69 % des 1-6 ans et 66 % des 7-12 ans déclarent lire régulièrement au moins un titre de la presse jeu­nesse, cette pratique semble moins partagée par les 13-19 ans, avec 37 % de lecteurs.
Notons que cette activité concentre leur attention et se prête peu au « multitasking », contrairement à la télévision et à la consultation d'Internet (Junior Connect' 2015 : la conquête de l'engagement, Ipsos, avril 2015). Les 7-12 ans consacrent 4 h 10 en moyenne par semaine à la lecture de la presse, essentiellement des magazines jeunesse, soit cinquante minutes de plus que les 13-19 ans (Dossier « Objectif jeune » à partir de l'étude Junior Connect' d'Ipsos, Les Clés de la presse, mars-avril 2013). Beaucoup d'ado­lescents, dans les grandes villes, ont un contact régulier avec les journaux gratuits distribués dans les lieux publics. La désaffection n'est donc pas totale. 51 % des 14-23 ans déclarent préférer lire des magazines sur papier, contre 9 % sur smart­phone (Observatoire international des usages et interactions des médias, Deloitte, 2013).

Quid de la régulation parentale ?

Moins d'un parent sur deux d'adolescent de 12 à 17 ans édicte des règles concernant le temps passé par son enfant devant les différents écrans. C'est le temps passé devant Internet qui est le plus encadré (50 % des parents), suivi de près par le temps passé devant les jeux vidéo (49 % des parents), puis le temps passé devant la télévision (47 % des parents). Le temps passé à téléphoner et envoyer des SMS est moins surveillé (31 % des parents). 36 % des parents ne posent aucune règle de temps devant écran à leur enfant ou ado­lescent.

L'existence de règles données par les parents semble contribuer à réduire le temps des enfants devant écran. Les chiffres sont particulièrement significatifs s'agissant des jeux vidéo : dans les foyers où une régulation parentale est en place, le temps passé par les 12-17 ans à jouer est de 14 heures par semaine en moyenne, contre 20 heures en l'absence de régulation parentale (La Diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française, CREDOC, 2014).

Quant aux contenus des activités des jeunes sur les écrans, ils échappent en partie aux parents. Ainsi, 55 % des adolescents de 11 à 17 ans décla­rent se connecter à Internet le plus souvent dans une pièce où ils sont seuls. Bien qu'une majorité de parents (58 %) perçoivent Internet comme dangereux pour leur enfant, ils se montrent rela­tivement peu inquiets au sujet de la transmission de données personnelles de l'enfant (35 % des parents se disent inquiets) ou encore des discus­sions qu'il peut avoir en ligne via les messageries (28 % d'inquiets, Perception croisée enfants/ parents face à l'usage d'Internet, ifop, janvier 2013.) 

Pour aller plus loin

Les jeunes et les médias, une revue de presse sur l'actualité des usages médiatiques des jeunes