Fiche mise en ligne le 11 mai 2026
Virginie Sassoon, directrice adjointe du CLEMI
La technoférence, c’est quand les écrans viennent interrompre des moments partagés : un téléphone que l’on consulte pendant un repas, un jeu ou une discussion. Notre attention se fragmente, la conversation s’éteint.
Nous savons que manger devant un écran tend à appauvrir le vocabulaire, conséquence directe du manque d’interactions. Une étude australienne va jusqu’à quantifier cette perte en utilisant des enregistrements audio pour mesurer l’interaction verbale entre jeunes enfants et parents.
Plus largement, l’accumulation de ces petites coupures répétées rend les parents moins disponibles émotionnellement, moins attentifs à ce que vit leur enfant et à ce qui se passe autour d’eux. Pour l’enfant, cette présence en pointillé complique l’apprentissage des relations sociales, par exemple : apprendre à écouter l’autre, attendre son tour pour prendre la parole, coopérer, partager et créer du lien.
Bonne nouvelle : la technoférence n’est pas une fatalité ! Nous pouvons préserver les échanges qui comptent et la valeur de notre présence en choisissant quand et comment utiliser nos écrans.
| Chaque heure passée devant un écran, c'est : |
| 397 mots d'adultes |
| 294 vocalisations |
| 68 conversations quotidiennes |
| qui s'évaporent |
1. Brushe ME et al. (2024). « Screen Time and Parent-Child Talk When Children Are Aged 12 to 36 Months », JAMA Pediatrics,
vol. 178, n° 4, p. 369-375.