Face au durcissement de la menace informationnelle, VIGINUM, le service technique et opérationnel de l’État chargé de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, a été créé en juillet 2021. Rattaché au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), il a pour mission de détecter et caractériser les campagnes de manipulation de l’information en ligne venant de l’étranger, autrement dit les ingérences numériques étrangères (INE).
Désinformation, deepfakes (hypertrucages) ou ingérences numériques étrangères : les tentatives de manipulation se multiplient sur les plateformes en ligne. Instrumentalisée par les uns pour diffuser des contenus favorables à leurs intérêts ou par les autres pour décrédibiliser des adversaires internationaux, l’information s’en trouve profondément impactée dans sa production et sa diffusion. Par ailleurs, la consommation de l’information a évolué à l’ère du numérique à la faveur de nouveaux espaces. Chez les 15-30 ans, 51 % des sondés consultent l’actualité via les réseaux sociaux en 2024, illustrant ainsi une mutation significative du paysage informationnel et du rapport des citoyens à l’information qui est désormais moins régulée et possiblement dégradée.
Dans cet écosystème informationnel mouvant, il convient de distinguer plusieurs formes de manipulation de l’information: la désinformation, la mésinformation, la malinformation ou encore la surinformation. Ces dernières années, la montée en puissance du numérique comme terrain de menaces hybrides a permis l’émergence d’une nouvelle forme : les ingérences numériques étrangères.
Définie dans le décret n°2021-922 du 13 juillet 2021 relatif à VIGINUM, une ingérence numérique étrangère est composée de quatre critères cumulatifs :
Pour réaliser des campagnes informationnelles, les acteurs étrangers malveillants mettent en place des modes opératoires informationnels (MOI), définis comme un ensemble de comportements, d’outils, de tactiques, techniques et procédures utilisées par les acteurs dans le but de mettre en œuvre des opérations informationnelles. Par exemple, dans le cas du MOI Storm1516 documenté par VIGINUM, l’acteur malveillant a recours à différentes techniques de manipulation de l’information :
Ces manœuvres informationnelles, en plus de nuire aux intérêts de la France, affectent le rapport des citoyens à l’information et altèrent leur confiance envers les institutions.
VIGINUM, Service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères
« Comprendre et déjouer les mécanismes de manipulation de l’information avec VIGINUM », Educ’ARTE.
« Le debrief de Clara et Raphaël: Comment débusquer les manipulations de l’information ? », De Facto.
« Les 3 challenges OSINT », TOP - The Osint Project.
Parcours de formation Magistère: « Désinformation et ingérences numériques étrangères », VIGINUM, CLEMI.
Les rapports de VIGINUM sont disponibles sur le site du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale.