Avoir travaillé sur les médias, connaître les critères de définition d’une information.
Tous les supports intégrés à cette fiche sont disponibles ici.
Niveaux de classe : CM2 et 6e. Durée : 2 heures.
Objectifs : définir et comprendre le rôle des agences de presse dans le circuit de l’information.
Entrées programmes
Français
Comprendre des textes, des documents et des images et les interpréter.
EMC
S’informer de manière rigoureuse.
Objectifs : définir la dépêche journalistique. Comprendre ce qu’est une agence de presse et son rôle dans le circuit de l’information.
Durée: 1 heure.
Modalités : en classe entière et en binômes.
Matériel: un vidéoprojecteur et un document élève (les dépêches et un tableau à compléter).
L’enseignant évoque un fait divers qui fut au cœur de l’actualité en octobre 2025 : le vol de bijoux au Louvre. Il demande aux élèves ce qu’ils en savent puis distribue la dépêche AFP du dimanche 19 octobre 2025 de 18h29. Il s’agit d’une dépêche qui précise la nature et le nombre d'objets volés. Le cambriolage a quant à lui déjà été annoncé plus tôt dans la journée et traité dans plusieurs dépêches de l’AFP. L’enseignant explique aussi que l’Agence France Presse (AFP) est une grande agence d’information.
Il propose aux élèves de repérer les éléments qui entourent l’information: le lieu et la date de la dépêche (Paris, France - 19/10/2025, 18h29), le nom de l’agence (AFP), les signatures des journalistes sous forme d’initiales (jt/vg/cbn).
Il distribue un tableau avec les éléments suivants : heure de la dépêche / Que s’est-il passé ? / Qui est concerné par cet événement? / Où a eu lieu l'événement ? / Quand a eu lieu l’événement ? / Pourquoi cet événement s’est-il produit ? / Comment cet événement s’est-il déroulé ? / Quelles sont les sources de cette information ?
Cette première dépêche ne permet de remplir que partiellement le tableau. Elle est catégorisée comme une «alerte» par l’AFP, c’est-à-dire un texte très court, produit rapidement après les faits et après vérification. « Ce format en une seule ligne correspond aux besoins des clients de diffusion de l’info en direct, des bandeaux déroulants des télévisions aux sites de médias en passant par les écrans publics, les SMS et les notifications push sur les supports mobiles et réseaux sociaux » (AFP).
L’enseignant distribue ensuite la dépêche de 18h37 appelée «urgent» et fait remarquer que le texte est plus long (deux paragraphes). Les élèves complètent le tableau avec les informations supplémentaires (les objets dérobés, la date, les vitrines).
La dépêche de 19h02 est ensuite distribuée: elle donne davantage d’éléments et développe les informations précédentes en y ajoutant de nouvelles précisions. Les élèves terminent de compléter le tableau: dans un souci d’efficacité, on peut répartir le travail entre les élèves.
L’enseignant explique ainsi le statut des dépêches d’agence dans le circuit de l’information: ces articles, qui existent sous plusieurs formats, du très court au beaucoup plus long, sont réalisés par des journalistes d’agences de presse dont le rôle est de vérifier et relater des faits dans un temps contraint. Ces contenus sont ensuite proposés à différents médias abonnés à l'AFP, (chaînes d’info, presse nationale, presse régionale, sites internet d’information…) qui peuvent reprendre les différentes informations relayées par l’agence de presse et éventuellement décider de poursuivre euxmêmes les enquêtes journalistiques.
Il est d'abord demandé aux élèves de réfléchir, en binômes, aux informations supplémentaires qu’un journaliste pourrait souhaiter obtenir pour rédiger un article. Pour aider les élèves, l’enseignant peut leur demander : quelles questions peut-on se poser ? Qui interroger pour avoir des informations? Il leur demande ainsi de lister des personnes qu’ils pourraient interroger pour obtenir des informations sur cette affaire. Ils peuvent notamment penser à la directrice du Louvre, aux gardiens, aux conservateurs, à des visiteurs présents à ce momentlà, aux policiers chargés de l’enquête…
Pour terminer, la vidéo « À quoi servent les agences de presse ? » (Info ou Mytho ?) est diffusée et sa compréhension est vérifiée en posant aux élèves la question suivante: pourquoi les médias font-ils appel aux agences de presse ?
L’enseignant demande aux élèves d’écrire ce qu’ils ont retenu de la séance et peut proposer la trace écrite suivante : Les médias font appel aux agences de presse car ils n’ont pas les moyens d’avoir des journalistes partout et car ils ne sont pas spécialisés dans tous les domaines. Les agences de presse, comme l’Agence France Presse, vendent de l’information (sous forme de dépêches plus ou moins longues, de photos, de reportages vidéo) aux médias qui peuvent ensuite la compléter.
Objectifs : approfondir le rôle de l’AFP dans le circuit de l’information. Aborder la notion d’angle journalistique.
Durée: 1 heure.
Modalités : en classe entière et en binômes.
Matériel: un vidéoprojecteur et un document élève (photo AFP et corpus de 3 articles).
L’enseignant commence par rappeler ce qui a été vu dans la séance précédente, en particulier le rôle de l’AFP et les formes de l’information vendues par cette agence (les dépêches de différentes tailles, les photos, les reportages vidéo). Il montre alors au vidéoprojecteur une photographie prise par l’AFP, le matin du cambriolage du Louvre et fait lire la légende. Les élèves complètent le document : ils repèrent le nom du photographe et de l’agence (ce qu’on appelle le crédit photo) et identifient les informations données par la légende (qui ? quoi? pourquoi? quand? où? comment?) L’enseignant explique que, lorsqu’un photographe se rend ainsi sur un événement, il ne se contente pas de prendre une seule photo mais en réalise plusieurs.
Puis l’enseignant distribue à chaque binôme un corpus de 3 articles. Il leur fait repérer que chaque article utilise une photo du même photographe de l’AFP. On demande aux élèves d’entourer sur chaque article le nom du média: Le Monde, journal quotidien national, papier et en ligne ; Nice-Matin, journal quotidien régional, papier et en ligne ; BFM Business, chaîne de télévision et station de radio française dont le site internet publie également des articles. Il s’agit ainsi d’expliquer la différence entre presse nationale et presse régionale et aussi de montrer que les médias existent sur des supports divers : un journal papier peut aussi être présent sur le web, une station de radio peut avoir un site internet sur lequel des articles sont publiés…
S’engage ensuite une discussion sur les titres de ces articles qui utilisent des photos de la même série. L’enseignant demande aux élèves d’expliciter comment le sujet du vol des bijoux est traité, sur quoi chaque article va mettre l’accent. Tandis que Le Monde, dans son article titre sur le vol des bijoux et leur «valeur inestimable», Nice-Matin s’intéresse à une question financière et juridique, l’assurance des œuvres d’art. Quant à BFM Business, l’article met en exergue la façon dont le fabricant du montecharge utilisé pour le cambriolage a profité de l’événement dans le cadre d’une publicité (la dimension commerciale de l’article correspondant à la ligne éditoriale du média BFM Business). Le but est de montrer aux élèves qu’une même information (le vol des bijoux au Louvre), illustrée de façon quasi identique (une photographie du monte-charge devant la galerie d’Apollon au Louvre, prise par le photographe Dimitar Dilkoff de l’AFP) peut être abordée selon différents angles.
Pour clore la séance, les élèves formulent avec leurs propres mots ce qu’est un angle journalistique: un angle, c’est la façon d’évoquer un sujet.
À l’issue de cette séquence, les élèves doivent avoir compris que les agences de presse sont des sources incontournables pour les journalistes qui y puisent des informations vérifiées et fiables et qu’elles jouent un rôle majeur dans la fabrique de l’information.
Valériane Gouban et Maud Moussy, formatrices CLEMI.
Séquence conçue avec Libie Cousteau, professeure des écoles (académie de Paris)