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À partir d’un corpus de différentes images liées à l’affaire « Dupont de Ligonnès » (extraits télévisés, réseaux sociaux, séries documentaires et fictions), les élèves devront analyser et comparer les différents contextes de diffusion. Ils seront ainsi amenés à interroger la notion de véracité, de mise en scène et de reconstitution, ainsi que les différentes intentionnalités. Cette fiche permettra également de s’intéresser à la place et au traitement d’un fait divers dans l’espace médiatique.

Tous les supports intégrés à cette fiche sont disponibles ici.

Niveau de classe : 2de professionnelle.
Durée : 2 heures.
Objectifs : analyser la place du fait divers dans l’espace médiatique. „ Comprendre le rôle de l’image et de la représentation dans un fait divers.

Entrées programmes
Lettres 2de professionnelle S’informer, informer: les circuits de l’information.

SÉANCE 1

Objectif : comprendre le rôle des images dans la représentation du fait divers.
Durée: 1 heure.
Modalités : en classe entière et en binômes.
Matériel: un corpus d’images et une fiche élève.

L’enseignant commence la séance par demander aux élèves s’ils peuvent définir ce qu’est un fait divers et en donner un exemple récent en précisant si possible d’où leur provient l’information (presse écrite, télévision, radio, réseaux sociaux).

Les réponses sont notées au tableau de manière à faire ressortir la diversité des supports, mais aussi à dégager les principales caractéristiques du fait divers, les différentes manières par lesquelles il peut être abordé et les réactions qu’il peut susciter auprès du public (l'émotion, l'aspect insolite, le récit feuilletonnant parfois traité en fiction).

Sur la base de ces échanges, l’enseignant pourra proposer la définition suivante: « Un fait divers est à la fois une rubrique et une information, portant sur un événement insolite ou tragique de la vie quotidienne, provoquant une réaction émotionnelle du public ». Il précise que les séances seront centrées sur les faits divers dits criminels.

Pour apporter un contexte historique au fait divers, l’enseignant diffuse ensuite la vidéo « Comment la presse a créé le fait divers » et demande aux élèves de répondre aux questions suivantes: à quelle époque apparaît le fait divers ? De quelle affaire s’empare la presse en 1869 et pourquoi ? Qu’est-ce qui change avec l’affaire Pranzini ?

Les différentes réponses permettent de mettre en évidence que le fait divers, dès son origine, attire le public, et donc augmente les ventes des journaux. Il a de fait une place importante dans l’économie des médias, générant des revenus publicitaires dès ses débuts.

La réflexion se poursuit ensuite sur le rôle de l’image dans la médiatisation des faits divers. À partir d’un corpus d’images, reprenant l’évolution de l’illustration d’un fait divers à travers le temps (à télécharger ici), les élèves, en binômes, répondent aux questions suivantes à l'aide d'un tableau (document élève): qu’est-ce qui est représenté? Sur quoi l’image met-elle l’accent ? L'image apporte-t-elle de l’information ? Est-ce une illustration ou une mise en scène? Quelles émotions procure-t-elle?

Lors d’une mise en commun en grand groupe, l’enseignant insiste sur le rôle crucial des images dans la représentation du fait divers, images souvent moins informatives qu’illustratives, parfois mises en scène pour susciter de l'émotion.

SÉANCE 2

Objectif : comprendre les différentes intentions derrière le choix des images pour illustrer un fait divers.
Durée: 1 heure.
Modalités : en petits groupes et en classe entière.
Matériel: une vidéo de l’INA, une fiche élève et un corpus d’extraits vidéo. *

Temps 1

En ouverture de la séance l’enseignant explique que les élèves vont travailler sur une affaire emblématique du fait divers criminel: l’affaire Dupont de Ligonnès. Pour recontextualiser cette affaire, que les élèves ne connaissent pas forcément, un premier travail est proposé à partir de la vidéo INA 2011: L’affaire Dupont de Ligonnès | Archive INA. Les élèves sont répartis en groupes pour travailler sur un extrait de la vidéo (un extrait par groupe).

Ils complètent un tableau recensant pour chaque extrait la chaîne de télévision, l’heure de diffusion, la date de diffusion, les informations à retenir, les émotions que cela suscite.

L’affaire va tout d’abord susciter de l’étonnement et de la curiosité face à la disparition d’une famille entière, avant que la découverte des corps, fasse basculer le ton journalistique comme le regard du public dans l’effroi et la sidération. Puis, lorsque seul Xavier Dupont de Ligonnès manque et apparaît comme le principal suspect, le traitement médiatique évolue encore. L’affaire est alors suivie comme une série à suspense avec une fascination et des spéculations autour de la même question: Xavier Dupont de Ligonnès est-il vivant?

On pourra également faire le constat que les mêmes images reviennent toujours (photos de familles, maison de la famille, photos de Xavier Dupont de Ligonnès, police, hôtel, caméra du distributeur, témoignages proches ou voisins).

Il est important que l’enseignant rappelle les faits et resitue l’affaire dans son contexte avec les éléments constitutifs de 2011. Les élèves verront à travers ce travail différents contextes de diffusion et notamment des tentatives ou des mises en scène de reconstitution. Même sans image, les médias cherchent à donner à voir le fait divers, afin de maintenir l’intérêt du public.

Temps 2

Après la restitution, les élèves reprennent leurs groupes et travaillent sur un corpus d’extraits issus de médias différents :

Les élèves doivent d’abord, pour chaque extrait, lister les informations à retenir, identifier les types d’images utilisées (archives, reconstitution, fiction…), noter le ton et les intentions. Ils sont ainsi amenés à s’interroger sur la différence de traitement qui est fait et le rôle que joue l’image.

Dans le premier cas, le reportage de France2 reprend les images d’archives (photos de famille, maison, police et scène du crime), des interviews et retrace les événements avec un commentaire audio, dans un traitement informatif.

La bande-annonce d’Unsolved Mysteries joue quant à elle davantage sur l'émotion avec une esthétisation de l’affaire (ralentis, gros plans, musique inquiétante). Elle mélange interviews et images reconstituées, dans un ton dramatique.

Enfin Xavier Dupont de Ligonnès : dans la tête du suspect est un film mêlant fiction et documentaire, dans un récit à la première personne avec des scènes reconstituées et inventées cumulées à des interviews et des images d’archives, cherchant à captiver le spectateur.

L’étude de l’affaire Dupont de Ligonnès montre le rôle de l’image dans la captation de l’attention et comment elle fait appel aux émotions, participant à une mise en récit du fait divers.

Flora Rodriguez, formatrice CLEMI et Audrey Démonière-Rouvel, professeure documentaliste (académie de Créteil)

Ressource complémentaire

Daniel Salles, « L’irrésistible attraction du fait divers », BnF - Les Essentiels.

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