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Évaluer la fiabilité ou la pertinence d’une information, c’est avant tout être capable d’en identifier l’origine et le contexte de production : autrement dit, sa source. Cette notion interroge également celles d’auteur, d’éditeur, de média ou de type d’information. Directe ou indirecte, primaire ou secondaire, parfois hybride, autant de nuances sur lesquelles il est nécessaire de revenir afin d’apprendre à mieux estimer leur validité.

Une information peut être construite d’après une ou plusieurs sources, selon des intentions variées, par différents procédés. Croiser les sources permet d’obtenir un maximum d’éléments concernant une information pour juger de sa fiabilité.

DES SOURCES DE DIFFÉRENTES NATURES: QUELLE FIABILITÉ ?

Pour construire une information avec rigueur, il est possible de compulser :

  • des sources officielles telles que des communiqués de presse d’institutions (gouvernement, ONG…) qui peuvent privilégier le point de vue de l’institution dont ils émanent.
  • Des sources commerciales qui ne donneront pas nécessairement des informations fausses mais peuvent valoriser de façon disproportionnée des aspects positifs pour préserver la réputation d’un produit, par exemple.
  • Des experts ou scientifiques avec des compétences avérées dans le domaine que traite l’information, qui peuvent également avoir des intérêts à orienter leur expertise.

La source de l’information peut être : une source directe comme un témoin, une photographie ou une source indirecte comme une personne rapportant le récit d’autrui, ou un contenu déjà éditorialisé, à aborder avec plus de précautions.

Une source primaire : des données brutes (statistiques, rapports…) nécessitant une médiatisation pour être comprises. Intégrée dans un récit médiatique, elle devient une source secondaire, pouvant être confrontée à d’autres sources pour renforcer la fiabilité de l’information.

Il faut rester vigilant : selon l’intention de l’entité productrice de l’information, même une source fiable peut être exploitée de façon lacunaire ou orientée. Il ne suffit pas d’évaluer la fiabilité d’une source, il faut aussi analyser la manière dont elle est mise en récit et contextualisée dans la construction de l’information, selon différents procédés comme :

  • le cherry-picking ou picorage : retenir uniquement les éléments d’une source conforme à son propos en écartant les autres.
  • le framing context : présenter la source sous un angle particulier pour influencer l’interprétation du public.

DE LA VIGILANCE FACE À DES SOURCES DE NATURE HYBRIDE

Un article de Wikipédia n’est ni une source primaire, ni une source secondaire : ce texte collaboratif et évolutif fait référence à d’autres sources, toujours secondaires (ouvrages, contributions scientifiques, articles de presse…). Il serait plutôt considéré comme « source tertiaire » compilant ou faisant la synthèse de sources secondaires. À utiliser avec prudence dans un travail académique, cette encyclopédie est utile par la vue d’ensemble sur un sujet et le repérage des références principales qu’elle procure.

Un réseau social est un canal de diffusion. Selon le contenu et la nature de l’émetteur qui diffuse l’information, il peut être envisagé comme source primaire (exemple : le fil X d’une personnalité politique) ou secondaire (exemple : une vidéo TikTok commentant un reportage). Possiblement biaisée voire partisane, une information provenant d’un réseau social requiert un travail d’analyse critique de sa fiabilité, tout comme pour les autres canaux de diffusion.

Un document généré par une intelligence artificielle générative (IAG) ne peut pas être considéré comme une source primaire, secondaire ou tertiaire. Outil de médiation, une IAG ne compile pas seulement des informations mais effectue un travail de génération de documents pour résumer, reformuler, faire la synthèse ou établir des hypothèses par un procédé de traitement statistique des informations disponibles dans sa base de données (potentiellement lacunaire, non actualisée ou culturellement biaisée). Ce type de document n’est pas toujours fiable, d’autant plus quand les sources sur lesquelles s’appuie l’IAG ne sont pas citées.

Isabelle Féroc Dumez, directrice scientifique du CLEMI et Pauline Le Gall, formatrice CLEMI

Ressources complémentaires

« Qu’est-ce qu’une source ? », Les clés des médias, La Générale de production/France. tv/CLEMI/Radio France, 2015.

« Qu’est-ce qu’une source d’information? », Les décodeurs, Le Monde, 2022.

« Comment vérifier les sources d’une information? », Les décodeurs, Le Monde, 2022.

Notion : Source, Wikinotions InfoDoc, APDEN.

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