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Fiche mise en ligne le 20 janvier 2025

Mise à jour en mars 2026

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Tous les supports intégrés à cette fiche sont disponibles ici.

Niveaux de classe : 2de professionnelle et 1re CAP.
Durée : 2 heures.

Objectif : apprendre à reconnaître les vidéos manipulées par des outils d’IA, en s’interrogeant notamment sur l’intentionnalité de l’émetteur.

Entrées programmes :
EMC, CAP, 2de :
L’intelligence artificielle et l’information.
Français :
S’informer, informer : les circuits de l’information : développer des réflexes critiques et de vérification des supports vidéo. 
PSE, 2de professionnelle :
Appliquer une démarche d’analyse à une situation donnée.

Prérequis

Les élèves ont déjà travaillé sur les notions d’information, de source et de désordres informationnels.

ÉTAPE 1. DÉFINIR CE QU’EST UN DEEPFAKE (OU HYPERTRUCAGE)

Dans un premier temps, en classe entière, l’enseignant interroge les élèves sur leur connaissance des deepfakes (ou hypertrucages) : connaissent-ils ce terme ? Ont-ils déjà été confrontés à ce type de contenus ? Sur quelles plateformes ou réseaux sociaux ? Quels étaient les objectifs de ces vidéos selon eux ? À partir des réponses des élèves, l’enseignant relève les mots-clés pour faire émerger une définition de ces vidéos générées ou manipulées par l’intelligence artificielle. L’enseignant peut proposer cette définition en complément : « [deepfake] fait à la fois référence à l’usage de l’IA (deep, pour deep learning, “apprentissage profond”) et à la manipulation (fake, qui signifie “faux”). » [Morgane Tual, « “Deepfake”, un terme imparfait pour une réalité appelée à durer », Le Monde, 6 mars 2024]. Un lien peut être fait entre deepfake et infox.

ÉTAPE 2. RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTES INTENTIONNALITÉS

Dans un deuxième temps, l’enseignant présente un corpus de vidéos utilisant des deepfakes. Les élèves, répartis en groupes, analysent les différentes vidéos et déterminent leurs objectifs en répondant aux questions sous forme de tableau (voir fiche élève) : quelles sont les caractéristiques techniques de la vidéo ? (indices/observations) ; y a-t-il une volonté de tromper ou de nuire ? ; quelles sont les intentions de l’émetteur ? (intentionnalités/objectifs).
Suggestions de vidéos à utiliser en classe :

Vidéo 1 : Le Monde - Comment nous avons recréé le « vrai » Appel du 18 Juin (extrait de 10:15 à 13:59)
Le Monde expérimente l’utilisation de l’IA pour reconstituer, à l’aide d’historiens, de chercheurs et de documentations historiques, le discours de l’Appel du 18 juin 1940 de Charles de Gaulle par un deepfake audio, interprété par un comédien. La vidéo a été réalisée dans l’objectif d’illustrer un événement historique.

Vidéo 2 : Vidéo d’Amy Winehouse, Mickael Jackson, Elvis et Marylin
Les comptes TikTok de « Woozyai » et « kabehollow1 » diffusent des vidéos, générées par Sora 2, de célébrités décédées. Le logo est clairement indiqué, il n’y a pas de volonté de nuire, l’objectif est de divertir. En revanche, on peut questionner la volonté de placement de produit.

Vidéo 3 : Microtrottoir
Le compte TikTok « conscience_éveillée_ » diffuse une vidéo générée par Sora 2, dont le logo a été flouté. La vidéo reprend les codes du microtrottoir, pour diffuser des messages racistes. La vidéo est de l’incitation à la haine et participe à de la désinformation.

Vidéo 4 : Phillip Toledano
Phillip Toledano, artiste photographe, publie une vidéo, générée par Sora 2, montrant une ville en guerre. Le logo de Sora 2 est clairement identifiable et la légende précise l’utilisation de l’IA. À travers cette publication, il cherche à alerter sur les dérives possibles de ces technologies et sur la facilité avec laquelle des vidéos réalistes peuvent être créées, pouvant ainsi contribuer à la manipulation de l’information.

Vidéo 5 : Le célèbre musicien Niska a lancé son application « Aztec Stones »
En cliquant sur le nom Niska dans la liste des personnalité(s)/journaliste(s) proposée par le moteur de recherche, on tombe sur un faux extrait d’un JT du 20 Heures de TF1 qui présente la nouvelle application de jeux d’argent du rappeur Niska et incite à la télécharger et à jouer de l’argent pour s’enrichir. La vidéo est une arnaque.

Vidéo 6 : France TV – Le visage de cette jeune iranienne n’existe pas.
La réalisatrice du documentaire « Nous, jeunesse(s) d’Iran », Solène Chalvon-Fioriti, explique avoir eu recours à l’IA pour modifier le visage des témoins afin de garantir leur anonymat et les protéger.

Vidéo 7 : TF1 – Taxe de 0,5 c par km
Le compte TikTok « l_ochju_corsu » publie une vidéo imitant un plateau de TF1 évoquant une prétendue taxe de 0,5 centime par kilomètre discutée au Parlement. Bien que la légende précise qu’il s’agit d’une création par IA à visée parodique, les commentaires montrent que certains internautes l’interprètent comme une information réelle, ce qui relève de la mésinformation.

En classe entière, une restitution est faite à partir des réponses de chaque groupe. L’enseignant fait une synthèse au tableau en listant les différentes intentions guidant les auteurs de deepfakes : restitution historique, divertissement, publicité et arnaque, protection des sources journalistiques (garantir l’anonymat), propagande politique. Ces cas pratiques doivent permettre de comprendre que toutes les vidéos manipulées ne sont pas nécessairement malintentionnées ou nuisibles ; cela dépend de l’intention de l’auteur et du contexte dans lequel la vidéo est créée et diffusée. Les élèves doivent ainsi comprendre la pluralité des intentions et leur degré de dangerosité ou de nuisance. L’enseignant pourra présenter des méthodes de vérification et leurs limites : par exemple, les outils de reconnaissance des deepfakes ou la consultation de sites de vérification de faits.

Pour conclure cette deuxième partie, l’enseignant diffuse la vidéo de « Quotidien » (« Les deepfakes de Taylor Swift scandalisent les Swifties »). Cet extrait concernant les deepfakes dont a été victime Taylor Swift permet d’amorcer un échange avec les élèves sur la volonté de nuire en portant atteinte à la réputation d’une personne. Il permet d’ouvrir la discussion sur d’autres intentionnalités comme la pornodivulgation et le cyberharcèlement.

Prolongement : questionner l’éthique de l’utilisation de l’IA

En s’appuyant sur les vidéos visionnées précédemment, les élèves sont amenés à s’interroger sur les différentes questions éthiques soulevées par l’utilisation des deepfakes. L’enseignant pourra si besoin orienter la discussion autour de la déontologie des journalistes ayant recours aux deepfakes, à la notion de droits d’auteur, de droit à l’image et de propriété intellectuelle, à la question des sources ou encore à l’atteinte à la vie privée.

Flora Rodriguez, formatrice CLEMI, et Audrey Démonière-Rouvel, professeure documentaliste (académie de Créteil)

Ressources complémentaires :

« Savoir analyser les désordres informationnels », Xavier Gillet, formateur CLEMI, et Elsie Russier, responsable du pôle Labo formation du CLEMI, Dossier pédagogique de la SPME 2023.

« Évaluer l’information », Elsie Russier, responsable du pôle Labo formation du CLEMI, Les Essentiels éducation aux médias et à l’information 2024-2025.

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